Le débat sur le projet d'éco-port à Triel

Pierre Cardo prend position sur le projet d'éco-port des 2 Rives de Seine : "un projet destiné à développer l’activité économique du territoire tout en s’inscrivant dans les objectifs du Grenelle de l’Environnement. C’est une opportunité que notre territoire doit saisir".

Depuis sa création en 2006, la communauté d’agglomération 2 Rives de Seine s’est lancée dans une réflexion sur l’avenir de son territoire. Aujourd’hui, grâce à un cadre de vie agréable et de grandes qualités paysagère, notre territoire est avant tout résidentiel. Mais ce développement a ses limites : faible taux d’emploi, déséquilibres sociaux et urbains, difficultés de déplacement du fait des nombreux trajets domicile-travail, problèmes écologiques au sens large. 

 

Pour rééquilibrer notre territoire, nous nous sommes lancés dans un ambitieux projet de territoire dont les objectifs premiers sont de développer l’attractivité économique tout en préservant notre cadre de vie.  

 

Ces deux objectifs ne sont pas contradictoires, bien au contraire, car pour préserver notre cadre de vie, nous devons favoriser l’implantation d’entreprises qui apporteront emplois et recettes fiscales. C’est la préoccupation première des élus de la CA2RS que d’apporter aux habitants des 2 Rives et au-delà, les services et les emplois de proximité qui permettront et contribueront à améliorer leur qualité de vie.  

Ce projet date des années 1990. Il est inscrit au schéma directeur de la Région Ile-de-France (SDRIF) de 1994 et également dans le plan d’occupation des sols de la ville de Triel-sur-Seine.  

Initié bien avant la création de la communauté d’agglomération, cette infrastructure portuaire est une opportunité que nous saisissons pour renforcer l’attractivité des espaces à vocation économique en cours de réalisation. A terme, ce sont près de 4 000 emplois que nous allons développer soit 40% de plus que ce qui existe aujourd’hui sur notre territoire. 

 

Qui mieux que nous, habitants des 2 Rives, savons que le développement économique ne doit pas se faire au détriment de l’environnement ? Car, qui a le plus profité de notre territoire quand, par le passé, il a subi exploitations des sols et des sous-sols, épandages, décharges à ciel ouvert, sites de traitements des ordures ménagères et des eaux d’assainissement … Certainement pas nous ! 

 

Notre projet de développement est ambitieux : développer les filières des éco-matériaux et des éco-constructions sur notre territoire. C’est un pari sur l’avenir que nous pourrons gagner en mettant toutes les chances de notre côté et en saisissant toutes les opportunités. 

 

Aujourd’hui, la CA2RS a déjà montré l’exemple en réalisant l’Ecoparc des Cettons à Chanteloup-les-Vignes à partir de concepts plus durables : voirie béton recyclée et recyclable, gestions des eaux pluviales 100% à la parcelle (aucun rejet dans les réseaux), continuité avec les chemins ruraux existants, mise en place d’un plan lumière pour éviter les surconsommations …  

 

Demain, en travaillant avec Ports de Paris à la réalisation de la plateforme portuaire à Triel-sur-Seine, la CA2RS facilitera la réalisation d’un éco-port dont la conception prendra en compte les impacts environnementaux, architecturaux et paysagers d’une telle réalisation sur son territoire. Notre objectif est clair : faire un port « éco» logique dans sa conception et « éco» nomique dans sa vocation. C’est une garantie que nous a apportée Ports de Paris, initiateur du projet. 

 

Il est normal que ce projet pose question mais il faut cesser les contrevérités. Lors des premières rencontres, réunissant les leaders d’opinion des villes de Triel-sur-Seine et de Carrières-sous-Poissy, de nombreux riverains et associations, notamment de la commune de Villennes-sur-Seine, se sont montrés opposés au projet, alors même qu’ils n’avaient demandé aucune information, ni aucun rendez-vous aux élus de la CA2RS. Comment peut-on s’opposer à un projet que l’on ne connaît pas et sur lequel on ne se renseigne pas ?  

 

Déjà, il semble essentiel de rappeler qu’un trafic fluvial existe déjà pour les granulats et le mâchefer (VALOMAT). La présence du SIAAP et de l’usine de valorisation des déchets « AZALYS » laisse une possibilité de développer le transport des déchets gérés par ces activités par voie fluviale plutôt que par la desserte routière comme c’est le cas aujourd’hui. Le port peut donc devenir une opportunité pour limiter les trafics routiers existants.  

 

La vocation de ce port n’est pas de traiter les déchets du « Grand Paris ». Il s’agit d’un port de proximité pour desservir la boucle de la seine (dixit les Ports de Paris), ce qui est complémentaire du site d’Achères, qui, lui, a une vocation totalement différente, car il recevra une plateforme portuaire pour les containers.  

 

Face aux 500 à 600 ha à terme du port d’Achères, le port de Triel-sur-Seine sera adapté à sa localisation en ne faisant à terme que 34 ha dont les 10 ha de voie d’eau actuels. Dans son prolongement, la communauté d’agglomération développera l’Ecopôle Seine Aval, parc d’activités de 90 ha de terrains cessibles pour les activités liées aux éco-matériaux et à l’éco-construction. 

 

Contrairement à ce qui a été affirmé par des opposants au projet, ce port n’est pas une alternative qui devient « subitement » incontournable, mais une opportunité que nous attendons depuis plus de 20 ans ! 

 

De nombreuses personnes conseillent de revoir l’emplacement de ce port en le déplaçant sur l’Etang des 3 îles situé plus au nord. D’autres conseillent de déplacer l’activité de plaisance sur l’Etang de la Vieille Ferme voire sur la Galiotte plus au sud ...  

 

Depuis plusieurs années maintenant, Ports de Paris a fait réaliser de nombreuses études : hydro-géologiques, hydrauliques, environnementaux, courantologie, économique … Ce sont les résultats de ces études qui ont permis d’arrêter la localisation de ce projet. La Communauté d’Agglomération a saisi Ports de Paris sur ce sujet. La seule localisation appropriée est le site dit du « Port Saint Louis ». En ce qui concerne les questionnements liés au Plan de Prévention des Risques d’Inondations, je rassure également les sceptiques. Ports de Paris prévoit un plan d’aménagement en total concordance avec la réglementation en vigueur. Il n’existe pas et il n’y aura pas de dérogation sur ce sujet.  

 

Il est vrai que le développement de ce projet condamne l’activité de plaisance sur ce site. Sur ce sujet, la CA2RS a toujours eu un discours cohérent basé sur les études pré-opérationnelles réalisées : la plaisance a sa place sur notre territoire mais elle ne peut pas, pour des raisons techniques (manœuvrabilité dans la darse) et sécuritaires (croisement des bateaux) continuer à exister sur ce site. La CA2RS a saisi le Conseil Régional pour permettre le développement de la Base de Loisirs de Verneuil-sur-Seine et reste également à l’écoute de tous porteurs de projet privé dans ce secteur d’activités. 

 

Le développement de cette infrastructure, qui fonctionne déjà, mais uniquement pour les granulats et le machefer, va changer cette partie de notre territoire. Comme tous les changements, il génère une certaine méfiance voire une crainte. Nous le voyons comme une opportunité : Port de Paris va investir plus de 20 M d’€ sur notre territoire. Cet investissement permettra de reconquérir des espaces en grande partie abandonnés et délaissés. Il permettra en reprofilant l’accès à la darse de minimiser les impacts sonores liés aux manœuvres des bateaux, il permettra de reconquérir des espaces utilisés comme décharge sauvage par un trop grand nombre de nos concitoyens et enfin, de développer et d’enrichir notre territoire. Autour du port, les ambitieux projets d’embellissement du patrimoine, que représentent nos berges et les aménagements naturels, paysagers et agricoles, impulsés dès cette année sur l’ensemble de la boucle, vont complètement transformer à terme la vision de notre territoire. Notre volonté est d’y insérer intelligemment cette activité économique. Après tout, non seulement elle fait partie de notre paysage, mais on y habite !